La Ville de Rouffach a été le lieu de naissance de plusieurs personnalités qui se sont rendues célèbres à travers divers domaines : la philologie, la théologie, les sciences, l'armée, l'artisanat…

 

Woelflin (ca. 1300 - 1355)

Maître d'œuvre et sculpteur alsacien du XIVe siècle, maître Woelflin serait né en 1300 à Rouffach.

Il s’établit dans les années 1340 à Strasbourg où il est reçu comme bourgeois. Il participe à la construction de l’église Notre-Dame de Rouffach en exécutant sans doute les statues d'anges de la façade occidentale (vers 1330).

Woeflin sculpte en 1344 un de ses chefs d’œuvre : le double tombeau des frères Ulrich et Philippe de Werd, visible dans l’église St-Guillaume de Strasbourg.

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 Tombeau des frères Werd sculpté par Woelflin
(église St-Guillaume à Strasbourg).

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Jodocus Hahn (Gallus) (1459 - 1517)

Jodocus Hahn (Gallus) est un humaniste, poète et historien né à Rouffach en 1459. Après des études à l’école humaniste de Rouffach, puis de Sélestat et de Bâle, il enseigne la théologie et la littérature latine et devient recteur de l’Université de Heidelberg.

Sa réputation et ses qualités humaines lui assurent l’estime de ses pairs et lui permettent de prendre position contre les dérèglements de l’Eglise de son temps. Il rédige notamment un traité philosophique en 1489 (Mensa philosophica).

Gallus est appelé aux postes de conseiller du comte palatin Philippe II, de prédicateur de la cathédrale de Spire, puis de prélat et de conseiller épiscopal. Il était en relation avec les plus grands érudits de son temps, notamment avec Beatus Rhenanus qui lui a dédié en 1513 sa biographie de Geiler de Kaysersberg. Il décède en 1517, à Spire, après avoir légué sa bibliothèque aux franciscains de Rouffach.

 

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 Première page du traité philosophique de Gallus, de 1489 (coll. MRFH).

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Conrad Kürschner (Pellicanus) (1478 - 1556)

Conrad Kürschner dit Conrad Pellicanus est un humaniste, philologue hébraïsant et théologien protestant né le 9 janvier 1478 à Rouffach.

Fils d'un tisserand originaire de Weil der Stadt, Conrad Kürschner entame sa scolarité en 1484 dans sa ville natale. Il se rend en 1491 à l'université de Heidelberg pour y étudier auprès de son oncle Jodocus Hahn (Gallus). Conrad Kürschner change alors son nom en Conrad Pellicanus. A l'époque, il est à peine âgé de treize ans.

En 1493, il entre chez les Franciscains où il prononce ses vœux. Peu de temps après, ayant perdu une grande partie de sa famille lors de l’épidémie de peste, il est envoyé à Bâle, puis à Tübingen. Il y suit les enseignements du philosophe, mathématicien et astronome Paul Scriptoris, qui en fait son secrétaire et le met en relation avec les sommités intellectuelles de la région rhénane.

Pellicanus apprend l’hébreu en autodidacte dès 1499, puis entreprend pour son propre usage la rédaction d'une grammaire et d'un dictionnaire hébraïques, publiés à Strasbourg en 1504.

Il est ordonné prêtre en 1501 et célèbre sa première messe au couvent des Récollets de Rouffach. L'année suivante, il devient lecteur au couvent de son ordre à Bâle où il enseigne également l’hébreu, et prend part à de grandes entreprises telles que l’édition des œuvres complètes de Saint Augustin ou encore le commentaire intégral de la Bible.

Pellicanus occupe divers postes dans l’ordre franciscain et est nommé lecteur à Rouffach. C’est là qu’il rencontre un élève brillant, Sébastien Munster, à qui il donne des cours de perfectionnement en langue hébraïque. Il contribuera à la fameuse Cosmographie universelle de Sébastien Munster en écrivant, avec son neveu Conrad Wolfhart (Lycosthènes), l’article sur Rouffach.

A partir de 1511, il est gardien à Pforzheim, puis à Rouffach jusqu’en 1519 et, enfin, à Bâle. C’est là qu’il prend connaissance des écrits de Martin Luther.

Suspecté de luthérianisme, il est destitué de sa charge de gardien en 1523 mais obtient la chaire de théologie à l’Université de Bâle. Sa renommée lui vaut d’être appelé par Zwingli à Zurich, avec qui il contribue amplement à la consolidation de la Réforme.

Il quitte alors les ordres et épouse en 1526 Anne Fries, avec qui il aura un fils (Samuel). Il obtient le droit de bourgeoisie de la ville de Zurich en 1541. Il se rend encore à Rouffach en 1544 pour visiter sa famille. Son autobiographie (Chronique de Conradus Pellicanus) est dédiée à son fils Samuel et à son neveu Conrad Wolffhart (Lycosthenes). Il décède en 1556 à Zurich.

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Conrad Pellicanus par Théodore de Bry, 1650 (coll. BNUS).

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Materne Berler (1487 - 1573)

Né à Rouffach en 1487, Materne Berler est l’unique fils de Thoman Berler et Marguerite Büchler.

Après des études à Sélestat puis à l’Université de Bâle (1507-1509), il est nommé chapelain à Rouffach en 1510 et célèbre sa première messe à l’église Notre-Dame le 28 avril 1510.

Chapelain de l’église Sainte-Catherine à Gueberschwihr, il occupe la fonction de recteur de l’église paroissiale de 1537 jusqu’à sa mort, au printemps 1573.

Il est également doyen du chapitre rural « citra Colles Ottonis » et notaire pontifical assermenté. Materne Berler est l’auteur d’une précieuse chronique qui fut malheureusement détruite lors de l’incendie de la Bibliothèque de Strasbourg en 1870, mais partiellement publiée par Louis Schneegans dans le Code historique et diplomatique de la ville de Strasbourg en 1843. Il est également l’auteur d’une vie de Saint Léon IX, ainsi que d’une description de Rouffach.

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Valentin Boltz (ca. 1515 - 1560)

Né vers 1515 à Rouffach, Valentin Boltz suit des études de théologie le destinant à la carrière ecclésiastique. Il adhère ensuite à la Réforme et devient pasteur et prédicateur dans le Wurtemberg, ainsi qu’en Suisse de 1534 à 1560.

Il tenta notamment d’introduire la Réforme à Kaysersberg avec l’appui de Mathieu Erb (pasteur de Riquewihr) et de Conrad Kürschner, son compatriote.

De 1547 à 1555 on le retrouve en tant que prêtre chez les cordeliers ainsi qu’à l’hôpital de Bâle. C’est à cette période qu’il publie un traité de préparation des couleurs (Illuminierbuch) publié à Francfort en 1562. Il est également l’auteur d’un Weltspiegl, satire de mœurs imprimé à Bâle en 1550, et traduit notamment Sénèque et Térence.

Il décède le 26 juillet 1560 à Binzen (Bade).

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Illuminierbuch de Valentin Boltz.

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Dessin d’un atelier de peinture, extrait de l’Illuminierbuch de Valentin Boltz (1562).

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Conrad Wolfhard (Lycosthènes) (1518 - 1561)

Humaniste, philologue et prédicateur, Conrad Wolfhard est né à Rouffach en 1518.

Ayant commencé ses études à Rouffach, il est envoyé à l’âge de 12 ans chez son oncle Conrad Pellicanus à Zurich.

En 1535, il part étudier la théologie, la philosophie et l’histoire à Heidelberg, où il obtient quatre ans plus tard le titre de maître ès Arts. Passé à la Réforme, il est vicaire de Bucer à Strasbourg et retourne à Bâle en 1542 pour y enseigner la grammaire et la dialectique. 1545 marque sa nomination en tant que diacre de l'église de Saint-Léonard, fonction qu'il conserve jusqu'à la fin de sa vie.

En 1554, une attaque cérébrale lui fait perdre l'usage de la main droite, ce qui ne l’empêche pas de continuer son œuvre de la main gauche. Il publie en 1557 la première édition de son Livre des prodiges (Prodigiorum ac ostentorum chronicon), recueil de phénomènes extraordinaires relatifs à la météorologie et à la physique (mirages, chute de croix, pluies de sang, etc.)

Victime d’une crise d'apoplexie, il meurt à Bâle le 25 mars 1561 à l'âge de 43 ans.

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Portrait de Conrad Lycosthènes (coll. BNUS).

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François-Joseph Lefebvre (1755 - 1820)

 

B1.3 françois joseph lefebvre François-Joseph Lefebvre est né le 25 octobre 1755 à Rouffach. Ayant perdu son père à l’âge de dix ans, il est élevé à Guémar par son cousin, l’abbé Jean-Christophe Lefebvre.

En 1773, il s'engage en tant que soldat dans les Gardes  françaises, à Paris. Dix ans plus tard, le sergent Lefebvre épouse une blanchisseuse, Catherine Hübscher, surnommée « Madame Sans-Gêne ». Le couple aura quatorze enfants dont treize meurent en bas âge.

Lors des évènements de 1789, François-Joseph sauve la vie de plusieurs de ses officiers et est notamment blessé en protégeant la famille royale après la tentative d'évasion de Saint-Cloud (1791). Après la suppression de la Garde nationale, il est envoyé combattre dans les armées du Rhin et de Moselle. Grâce à ses qualités militaires et à sa bravoure, il est promu général de division en 1794.

Présent sur tous les champs de bataille, il enchaîne les victoires notamment à Fleurus (Belgique). En 1799, il revient à Paris où il est nommé commandant de la 17e division militaire.

Considéré comme un fervent républicain sous le Directoire, Lefebvre se rallie pourtant à Bonaparte et le protège lors du coup d'État du 18-19 brumaire de l’an VIII (9-10 novembre 1799). Napoléon se souviendra de son soutien : il le fait nommer sénateur en décembre 1799, puis Maréchal d’Empire en 1804. Cette même année, le Maréchal Lefebvre fait un retour triomphal dans son Alsace natale.

Commandant d’infanterie de la Garde impériale, Lefebvre se distingue en Pologne à la bataille d’Iéna (1806). Au printemps 1807, l’armée française dirigée par le Maréchal assiège la ville de Dantzig, qui finit par se rendre après deux mois de siège. Cette victoire vaut à Lefebvre le titre de Duc de Dantzig, qui lui est accordé par Napoléon le 28 mai 1807. Après plusieurs victoires espagnoles en 1808, Lefebvre retourne en Allemagne pour réprimer l'insurrection du Tyrol. Il commande la Garde impériale lors de la campagne de Russie de 1812 et force l’admiration en marchant à la tête de ses soldats durant la terrible retraite.

En 1813, François-Joseph est nommé maire de Combaut (Seine-et-Marne). Il s’installe avec sa famille dans le château qu’il a reçu en dotation avec le titre de Duc de Dantzig, et s’acquitte au mieux de sa tâche de premier magistrat de la ville. Rappelé par Napoléon en 1814, il participe encore aux batailles de Champagne-Ardennes contre les forces européennes coalisées. Après la capitulation de Paris, Lefebvre vote la déchéance de l'Empereur le 2 avril 1814, mais le soutient à nouveau en 1815 lors de son retour de l’île d’Elbe (les « Cent-Jours »). Il est confirmé dans son titre de Maréchal en 1816 et rappelé à la Chambre des Pairs en 1819.

L’âge s’ajoutant aux problèmes de santé et aux blessures de guerre, François-Joseph Lefebvre s’éteint à Paris le 14 septembre 1820. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise aux côtés de son épouse, Catherine Hubscher, décédée en 1835. Son nom figure sur l’Arc de triomphe et sa statue sur la façade du Louvre. A Rouffach, un buste en bronze du Maréchal surmonte le monument élevé en sa mémoire, en face de l’Hôtel de Ville. Un espace lui est également consacré au Musée du Bailliage de Rouffach.

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Les frères Joseph (1795 - 1857) et Claude Ignace (1803 - 1874) Callinet 

 

B1.3 orgue eglise notre dame rouffach callinet Les Callinet sont une famille de facteurs d'orgues implantés à Rouffach.

Facteur d’orgues à Dijon, François Callinet rejoint en 1794 son beau-père, Joseph Rabiny, qui s’était installé à Rouffach quelques années auparavant. A la mort de François Callinet, en 1820, son fils aîné Joseph prend la direction de l’atelier de facteur d’orgues. Il épouse en 1823 Eugénie Sartory, avec qui il aura dix enfants dont seules deux filles survécurent : Amélie, épouse de François-Xavier Heimburger (notaire et maire de Rouffach), et Charlotte.

En 1826, Joseph s’installe rue Poincaré et aménage des ateliers rue de la Demi-Lune. Son frère Claude-Ignace quitte Rouffach quelques années pour parfaire sa formation à Paris, chez son cousin Louis Callinet. De retour à Rouffach, il épouse en 1833 Anne-Marie Mosser, fille de l’aubergiste des « Deux clés d’or ». Neuf enfants verront le jour, dont Louis François qui succèdera à son père.

Joseph et Claude-Ignace s’associent en 1837 et fondent la Grande Manufacture des orgues Callinet Frères de Rouffach, employant quarante ouvriers spécialisés. De cette période particulièrement féconde datent les instruments d’Eguisheim, Baumes les Dames, Masevaux… En 1842, les frères associés obtiennent le titre de « meilleurs facteurs d’orgue de France ». Au total, les Callinet ont construit à travers toute la France plus de 150 instruments neufs dont il reste une soixantaine en Alsace.

En 1843, Claude-Ignace se sépare de son frère « à l’amiable et verbalement ». Chacun poursuit ses activités de son côté, tout en se partageant les mêmes ateliers. Claude-Ignace devient conseiller municipal de Rouffach de 1850 à 1870 et adjoint au maire de 1857 à 1859. C’est de cette époque que date la reconstruction de l’orgue de l’église Notre-Dame de Rouffach, inauguré pour Noël 1855.
Joseph Callinet s’éteint en 1857, après cinq années de maladie. Quant à son frère, il quitte Rouffach en 1872 pour Belfort puis Vesoul où il rejoint son fils Louis François. Claude-Ignace décède à Vesoul le 24 juillet 1874.

Les tombes de François et Joseph Callinet sont encore visibles au cimetière de Rouffach. En 2009, la municipalité a rendu hommage à cette famille en rebaptisant la rue de la gendarmerie qui se nomme désormais : rue Claude-Ignace Callinet.

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Théodore Schneider (1792 - 1852)

 

Colonel d’artillerie, défenseur de Mézières en 1815 et directeur de la manufacture d’armes à feu de Mutzig (1792-1852) Théodore Schneider est né à Rouffach le 18 juillet 1792, fils de Louis Benjamin et de Anne-Catherine Henriette Krauss de Colmar, il épouse Marie Anne Joséphine Blin en 1827 à Rouffach.

Sorti de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie en 1811, il entre au 9e régiment d’artillerie puis est nommé capitaine en 1822. Affecté aux manufactures d’armes de Charleville et de Klingenthal, il devient directeur de la manufacture d’armes à feu de Mutzig en 1840.

Nommé colonel en 1852 et officier de la Légion d’Honneur, il vit retiré à Mutzig jusqu’à son décès le 24 février 1857. Sur le monument érigé à sa mémoire par les ouvriers de la manufacture figure l’inscription suivante : « Que ce monument, noble témoignage de respect et d'affection envers cet homme de bien dont il protège les cendres, soit aussi pour toujours un gage de la vive reconnaissance vouée par la famille à ceux qui l'ont érigé ».

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Sources :

  • BOEGLY, F. Claude Ignace Callinet, facteur d’orgues à Rouffach. Annuaire SHACR n°4, 2010.
  • MEYER-SIAT, P. Les Callinet, facteurs d’orgues à Rouffach et leur œuvre en Alsace. Strasbourg : ISTRA, 1965.
  • MICHEL, G. Claude Ignace Callinet : une rue pour un hommage au célèbre rouffachois, article paru dans le bulletin municipal n°27 de décembre 2009.
  • BAEREL, Roger. BORREGAN, Nicole. Personnages et habitants méritant d’être cités à Rouffach in Annuaires de la Société d’Histoire et d’Archéologie du Bailliage de Rouffach, n°7- 9. 2013-2015.
  • FAUST, Pierre-Paul. Articles du Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne.